-R-

Pourquoi ne pas imaginer chaque jour une citation ou une pensée

16 notes

Le syndrome de l’écrivain… (suite)

"J’ai eu l’impression que Q. nous parlait là du syndrome nocturne de l’écrivain. De sa nature réelle. Le premier symptôme était une simple déconnexion par rapport à la vie des autres. Une sorte de désadaptation qui n’est pas l’apanage des seuls écrivains. Une forme de jalousie, de souffrance due au fait qu’entre vous et les autres il y a soudain autant de distance qu’entre un insomniaque agrippant son oreiller et la foule paisible des dormeurs. Seulement, ensuite, très rapidement, le syndrome de l’écrivain vous oblige à cultiver ce sentiment de singularité. Vous allez jusqu’à vous y épanouir. Un peu comme un insomniaque pratique le violon pour passer le temps. Cette tentation de la singularité, vous y succombez sans cesse davantage. Et puis, un jour sombre de votre adolescence ; vous finissez par vous apercevoir que vous êtes devenu pour vous-même le principal sujet d’étude."

Michael Chabon, Des garçons épatants, 1995.

Classé dans Chabon littérature US syndrome écrivain Wonder Boys

  1. bromazepam a reblogué ce billet depuis alecto-r-duval et a ajouté :
    “J’ai eu l’impression que Q. nous parlait là du syndrome nocturne de l’écrivain. De sa nature réelle. Le premier...
  2. alecto-r-duval a publié ce billet